Hérésies et condamnations
Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.
Consubstantiation (Luthérienne)
Consubstantiatio
Description
La consubstantiation enseigne que le corps et le sang du Christ sont « en, avec et sous » les espèces du pain et du vin, mais sans changement de substance (contre la transsubstantiation catholique).
Contexte historique
Luther, en réformant l'Église, conserve la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie contre Zwingli mais rejette la transsubstantiation comme « philosophie aristotélicienne ». Il propose la consubstantiation : le Christ est réellement présent mais la substance du pain et du vin subsiste. Cette position est un compromis entre Rome et Zurich.
Erreur condamnée
Le pain et le vin restent du pain et du vin, avec le Christ « en, avec et sous ».
Enjeux théologiques
Si le pain et le vin subsistent, il n'y a pas de conversion substantielle, et donc le sacrifice de la Messe n'est pas le renouvellement du sacrifice de la Croix. Le Concile de Trente définit que la transsubstantiation est le seul terme correct : la substance entière du pain est convertie au corps du Christ.
Développement
Luther développe la consubstantiation dans ses écrits eucharistiques de 1519-1534. Les Articles de Smalcalde (1537) la formalisent. Le Concile de Trente (Session 13, 1551) condamne la consubstantiation et définit la transsubstantiation. La Formule de Concorde (1577) fixe la doctrine luthérienne.
Réfutations patristiques
Concile de Trente, Session 13 (1551), Canon 2
Si quis dixerit, in sanctissimo Eucharistiæ sacramento remanere substantiam panis et vini simul cum corpore et sanguine Domini : anathema sit.
Thomas d'Aquin, Somme Théologique III, q. 75
In hoc sacramento non solum accidens, sed etiam substantia panis convertitur in corpus Christi.
Condamnations officielles
Concile de Trente
Session 13, Canons sur la Eucharistie
Pères de l'Église
Saint Thomas d'Aquin
Somme Théologique III, q. 75-77
Démonstration philosophique de la transsubstantiation : les accidents (goût, couleur) subsistent sans sujet, par la puissance de Dieu. Le terme « transsubstantiation » est utilisé au Concile de Latran IV (1215).
Concile de Trente
Session 13, Décret sur l'Eucharistie (1551)
Définit dogmatiquement la transsubstantiation et condamne les alternatives luthériennes et calvinistes.
Réponse en droit canonique
Le Concile de Trente (Session 13, Canons 1-4) condamne la consubstantiation. CIC 897-900 définissent l'Eucharistie comme sacrement de la transsubstantiation.
Références canoniques
Conséquences pour l'Église
La Réforme a divisé les chrétiens sur l'Eucharistie : transsubstantiation (catholiques), consubstantiation (luthériens), mémorial (zwingliens/calvinistes). Le Concile de Trente a réaffirmé avec force la doctrine de la présence réelle par transsubstantiation.