Hérésies et condamnations

Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.

Ecclésiologique17e siècle

Gallicanisme

Gallicanismus

Origine : FrancePromoteur : Clergé français, Parlement de Paris

Description

Le gallicanisme affirme la supériorité du concile sur le pape, les libertés de l'Église gallicane, et limite l'infaillibilité pontificale. Les « quatre articles » de 1682 en sont l'expression classique.

Contexte historique

Le gallicanisme puise dans une longue tradition française de résistance à Rome, nourrie par les conflits entre la monarchie française et la papauté (Philippe le Bel vs Boniface VIII, le Grand Schisme d'Occident). Bossuet rédige les « quatre articles » de 1682, définissant les « libertés de l'Église gallicane ». Le gallicanisme est autant politique que théologique.

Erreur condamnée

Le concile est superieur au pape ; le pape n'est pas infaillible en matiere de foi.

Enjeux théologiques

Les quatre articles de 1682 affirment : (1) le pape n'a pas d'autorité directe en matière temporelle ; (2) le concile est supérieur au pape ; (3) les règles de l'Église gallicane sont intangibles ; (4) les décisions du pape en matière de foi ne sont irréformables qu'avec le consentement de l'Église universelle. Ces positions limitent le primat et l'infaillibilité du pape.

Développement

L'Assemblée du clergé français de 1682 adopte les quatre articles. Le pape Alexandre VIII les condamne (1690). Louis XIV maintient les articles. Le pape Pie VI condamne le gallicanisme par « Auctorem fidei » (1794). Le Concile Vatican I (1870) définit l'infaillibilité pontificale, mettant fin au gallicanisme théologique.

Réfutations patristiques

Pape Pie VI, Constitution « Auctorem fidei » (1794)

Si quis dixerit, Romanum Pontificem non habere potestatem directam in omnem Ecclesiam : anathema sit.

Vatican I, « Pastor Æternus » (1870)

Si quis dixerit, Romanum Pontificem primatum non habere immediate a Christo : anathema sit.

Condamnations officielles

Bulle pontificale

Pape Pie VI

1794

Constitution « Auctorem fidei »

Concile

Concile Vatican I

1870

Constitution « Pastor Æternus » sur l'infaillibilité

Pères de l'Église

Bossuet

Defensio declarationis cleri Gallicani (1682)

Défense érudite mais erronée des libertés gallicanes. Son œuvre est condamnée par la papauté.

Pape Pie VI

Auctorem fidei (1794)

Condamne les propositions gallicanes comme schismatiques et hérétiques.

Réponse en droit canonique

Le Concile Vatican I (Pastor Æternus) définit l'infaillibilité pontificale et le primat de juridiction. CIC 331 affirme la primauté du pape. CIC 336 affirme l'infaillibilité.

Références canoniques

CIC 331CIC 336Concile Vatican I, Pastor Æternus (1870)

Conséquences pour l'Église

Le Concile Vatican I a définitivement condamné le gallicanisme en définissant le primat juridictionnel et l'infaillibilité du pape. Le gallicanisme politique a été balayé par la Révolution française.

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Mots-clés

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