Hérésies et condamnations
Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.
Tritéisme
Tritheismus
Description
Le trithéisme enseigne qu'il y a trois Dieux, trois substances séparées, unies seulement par une volonté commune. C'est une réaction excessive contre le monophysisme.
Contexte historique
Au VIe siècle, la crise monophysite ravive les débats trinitaires. Jean Philopon, philosophe alexandrin, réagit à la confusion monophysite en affirmant que les trois Personnes sont trois substances distinctes. Sa position est un contrepoids extrême au sabellianisme.
Erreur condamnée
Il y a trois Dieux distincts, unis seulement par une volonté commune.
Enjeux théologiques
Le trithéisme nie l'unité de Dieu en multipliant les divinités. Si les trois Personnes sont trois substances, il y a trois dieux, ce qui contredit le monothéisme révélé. La doctrine orthodoxe maintient : une substance (ousia), trois hypostases (personnes).
Développement
Jean Philopon enseigne le trithéisme vers 550-570. Le patriarche d'Alexandrie Damien le condamne. Le Concile de Constantinople III (681) anathématise le trithéisme dans le contexte de la lutte contre le monothélisme.
Réfutations patristiques
Concile de Constantinople III (680-681)
Tres personæ, una substantia, non tres substantiæ.
Condamnations officielles
Concile de Constantinople III
Pères de l'Église
Saint Jean Damascène
Exposé de la foi orthodoxe
Synthèse définitive de la doctrine trinitaire : une essence, trois hypostases. Réfute le trithéisme sans retomber dans le modalisme.
Réponse en droit canonique
Concile de Constantinople III, condamnation du trithéisme.
Références canoniques
Conséquences pour l'Église
Le trithéisme a confirmé que la théologie trinitaire doit naviguer entre deux écueils : le modalisme (une personne) et le trithéisme (trois dieux). La formule orthodoxe « une substance, trois personnes » reste le cadre dogmatique.