Hérésies et condamnations

Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.

Christologique4e siècle

Apollinarisme

Apollinarismus

Origine : Laodicée, SyriePromoteur : Apollinaire de Laodicée (310-390)

Description

Apollinaire enseignait que le Christ n'avait pas d'âme humaine, le Verbe tenant lieu d'âme intellectuelle. Le corps du Christ était animé par le Verbe lui-même.

Contexte historique

Apollinaire de Laodicée, ami de Saint Athanase, cherche à défendre l'unité du Christ contre l'arianisme. Mais sa solution est excessive : pour garantir l'unité de la personne divine-humaine, il supprime l'âme humaine rationnelle du Christ, remplacée par le Verbe. Cette doctrine séduit par sa simplicité apparente mais ruine le mystère de l'Incarnation.

Erreur condamnée

Le Christ n'a pas d'âme humaine, seulement un corps humain animé par le Verbe.

Enjeux théologiques

Si le Christ n'a pas d'âme humaine rationnelle, il n'est pas pleinement homme, et donc il n'a pas sauvé l'homme tout entier. Le principe de Saint Grégoire de Nazianze s'applique : « Ce qui n'a pas été assumé n'a pas été guéri » (Quod non assumptum, non sanatum). De plus, si le Verbe remplace l'âme humaine, les actions du Christ (prière, souffrance, obéissance) ne sont pas véritablement humaines.

Développement

Apollinaire commence à enseigner vers 360, trouvant des partisans à Antioche et à Rome. Ses écrits circulent sous des pseudonymes pour éviter la condamnation. Le Synode de Rome (377) le condamne, suivi du Concile de Constantinople (381) qui anathématise quiconque nie l'âme humaine du Christ.

Réfutations patristiques

Saint Grégoire de Nazianze, « Lettres Théologiques »

Quod non assumptum, non sanatum. Si totum homo non assumpsit, non salvavit.

Concile de Constantinople I (381)

Si quis animam humanam in Christo non admittit, sed Verbum pro anima fuisse: anathema sit.

Condamnations officielles

Concile

Concile de Constantinople I

381
Synode

Synode de Rome

377

Pères de l'Église

Saint Grégoire de Nazianze

Lettre à Cledonius (Ep. 101)

Formule le principe décisif : « Ce qui n'a pas été assumé n'a pas été guéri. » Si le Verbe n'a pas pris une âme humaine, l'âme humaine n'est pas sauvée.

Saint Épiphane de Salamine

Panarion (Adversus haereses)

Catalogue l'apollinarisme parmi les 80 hérésies et réfute la doctrine en montrant que le Christ a prié, ce qui exige une âme rationnelle.

Réponse en droit canonique

Le droit canonique condamne toute négation de l'intégrité de la nature humaine du Christ. CIC 1364 §1 s'applique à l'hérésie christologique.

Références canoniques

CIC 1364 §1Concile de Constantinople I, Canon 7

Conséquences pour l'Église

L'apollinarisme a provoqué la formulation du dogme des deux natures du Christ (humaine et divine, complètes), préparant le terrain pour le Concile de Chalcédoine (451). Le principe « Ce qui n'a pas été assumé n'a pas été guéri » devient un axiome christologique fondamental.

Hérésies connexes

Mots-clés

christameverbeincarnationhypostase