Hérésies et condamnations
Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.
Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.
Baius (Michel de Bay)
Le baïanisme enseigne une forme extrême de la prédestination : la volonté divine décrète absolument tout, y compris le péché. La nature humaine est corrompue au point que l'homme ne peut rien faire de bon sans la grâce. Baïus a été accusé de semi-pélagianisme.
Michel de Bay (Baïus), professeur de théologie à l'Université de Louvain, publie dans les années 1560 des thèses qui nient la distinction entre nature et grâce. Il enseigne que l'homme avant la chute n'avait aucun droit aux dons surnaturels, et que tout don de Dieu est « dû » à la nature. Cette position ruine la gratuité de la grâce.
La grâce n'est pas vraiment surnaturelle ; la nature n'est pas vraiment corrompue par le péché.
Si la grâce n'est pas surnaturelle, elle n'est pas un don gratuit mais un dû. Si la nature est totalement corrompue (sans aucune bonté naturelle), même les vertus naturelles sont impossibles. Baïus mélange nature et surnaturel, ce qui conduit à un pessimisme radical sur l'homme.
Baïus publie ses thèses dans les années 1560. Le pape Pie V condamne 79 propositions par la bulle « Ex omnibus » (1567). Baïus se soumet publiquement mais continue d'enseigner. Le pape Grégoire XIII confirme la condamnation (1570). Le baïanisme influence le jansénisme naissant.
Pape Pie V, Bulle « Ex omnibus affectionibus » (1567)
De opere justi operante, non sive ex natura, sed ex gratia gratuita homini collata.
Pape Grégoire XIII, Bulle « Propter certas causas » (1570)
Quod lex naturalis nullum præscriptum continet de bonis operibus faciendis, sed tantum de malis vitandis.
Bulle « Ex omnibus affectionibus »
Bulle « Propter certas causas »
De natura et gratia
Théologien dominicain qui réfute les thèses de Baïus au Concile de Trente. Défend la distinction nature/grâce.
Les bulles pontificales condamnant Baïus ont valeur de droit canonique. La distinction nature/grâce est un principe théologique fondamental.
La condamnation du baïanisme a clarifié la distinction entre nature et grâce : la grâce est un don surnaturel, gratuit, qui perfectionne la nature sans la détruire. Cette distinction devient fondamentale pour la théologie moderne.