Conciles Œcuméniques
Les 21 conciles reconnus par l'Église catholique
Les 21 conciles reconnus par l'Église catholique
Ier - VIIIe siècle
Concilium Nicænum I
Le premier concile œcuménique, convoqué par Constantin I pour régler la controverse arienne sur la nature du Fils de Dieu. Il établit le Symbole de Nicée et fixa la date de Pâques.
Concilium Constantinopolitanum I
Ce concile a complété le Symbole de Nicée (d'où le Credo Nicéo-Constantinopolitain), a condamné le macédonianisme (contre l'Esprit Saint) et l'apollinarisme (contre l'âme humaine du Christ). Il a également établi la primauté de l'évêque de Constantinople.
Concilium Ephesinum
Ce concile a condamné le nestorianisme de Nestorius, patriarche de Constantinople, et a proclamé Marie véritablement Mère de Dieu (Theotokos). Il a également condamné Pélasge pour avoir nié le péché originel.
Concilium Chalcedonense
Ce concile a condamné le monophysisme (Eutychès) et défini la doctrine des deux natures du Christ : « une seule personne en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation ». Il a proclamé la primauté de l'évêque de Rome.
Concilium Constantinopolitanum II
Ce concile a condamné les « Trois Chapitres » (écrits de Théodore de Mopsueste, Théodoret de Cyr et Ibas d'Édesse) considérés comme nestoriens, et a réaffirmé la condamnation du monophysisme.
Concilium Constantinopolitanum III
Ce concile a condamné le monothélisme, qui enseignait que le Christ n'avait qu'une seule volonté (la divine). Il a défini la doctrine des deux volontés (divine et humaine) dans le Christ.
Concilium Nicænum II
Ce concile a condamné l'iconoclasme et défini la légitimité de la vénération des images sacrées (icônes, statues, reliques). La vénération n'est pas adorée (latrie) mais honorée (doulie).
Concilium Constantinopolitanum IV
Ce concile a condamné le patriarche Photius pour avoir usurpé le patriarcat de Constantinople et avoir accusé les Latins d'hérésie (notamment sur la procession du Saint-Esprit). Il a réaffirmé la primauté du pape.
XIe - XVe siècle
Concilium Lateranense I
Le premier concile œcuménique convoqué par un pape et tenu en Occident. Il a confirmé la Concordat de Worms (1122) qui a mis fin à la Querelle des Investitures entre le pape et l'empereur.
Concilium Lateranense II
Convoqué par le pape Innocent II, ce concile mit fin au schisme provoqué par l'antipape Anaclet II (Pierre de Léon), élu par une faction de cardinaux opposée à Innocent II. Le roi Roger II de Sicile soutenait Anaclet, mais le concile confirma la légitimité d'Innocent II. Outre la résolution du schisme, le concile adopta des mesures disciplinaires importantes : interdiction des mariages clandestins (célébrés sans publicité ni bénédiction), règlement du costume des clercs, interdiction du port d'armes par les ecclésiastiques, et condamnation de l'usure. Le concile marqua le début de la réforme grégorienne tardive.
Concilium Lateranense III
Convoqué par le pape Alexandre III après plus de dix-huit ans de schisme (l'antipape Victor IV soutenu par l'empereur Frédéric Barberousse), ce concile fut un moment majeur de l'affirmation de la liberté de l'Église face à l'Empire. La règle des deux tiers pour l'élection papale fut établie pour empêcher les schismes futurs. Le concile condamna solennellement les deux grandes hérésies du XIIe siècle : les Vaudois (Pierre Valdo, prédication laïque, rejet de la hiérarchie) et les Cathares (dualisme, rejet des sacrements et de la matière). Il interdit l'usure sous peine d'anathème et de refus de sépulture ecclésiastique, et réglementa la protection des pèlerins et des marchands contre les abus seigneuriaux.
Concilium Lateranense IV
L'un des plus importants conciles du Moyen Âge. Il a défini la transsubstantiation, institué l'obligation de la confession et communion annuelles, ordonné la Croisade contre les Albigeois, et défini la doctrine de la résurrection de la chair.
Concilium Lugdunense I
Convoqué par le pape Innocent IV, ce concile se tint dans un contexte de conflit aigu entre la papauté et l'empereur Frédéric II de Hohenstaufen. Le pape accusa l'empereur de parjure, de persécution de l'Église, de sacrilège et de collusion avec le sultan. Le concile prononça la déposition solennelle de Frédéric II, invoquant sa juridiction spirituelle sur les souverains temporels. Il ordonna également une nouvelle croisade pour la Terre sainte et adopta des mesures de protection du clergé face aux exactions impériales. Ce concile marqua l'apogée de la théocratie pontificale médiévale.
Concilium Lugdunense II
Ce concile, réuni sous le pontificat de Grégoire X, visait principalement la réunion de l'Église latine et de l'Église grecque séparée depuis le schisme de 1054. Une délégation byzantine présidée par le métropolite Germanos de Constantinople assista aux sessions et accepta la procession du Saint-Esprit du Père « et du Fils » (Filioque). Le concile définit également dogmatiquement l'existence du purgatoire et institua le conclave pour l'élection papale. L'union fut cependant de courte durée, rejetée par le clergé byzantin dès 1277.
Concilium Viennense
Convoqué par le pape Clément V à la demande du roi Philippe le Bel de France, ce concile fut principalement marqué par la suppression de l'Ordre du Temple, ordre militaire et religieux fondé en 1119 pour la protection des pèlerins en Terre sainte. Le roi de France avait fait arrêter les templiers en 1307, les accusant d'hérésie, d'idolâtrie et de pratiques obscènes. Malgré les protestations de nombreux templiers et l'absence de preuves solides, le concile, sous pression royale, prononça la suppression de l'ordre et le transfert de ses biens aux Hospitaliers de Saint-Jean. Le concile condamna également les Béguards et Béguines, mouvements mystiques accusés de quietisme, et ordonna la réforme des ordres religieux.
XVIe - XXe siècle
Concilium Constantiense
Le Concile de Constance fut convoqué pour résoudre la plus grave crise de l'Église médiévale : le Grand Schisme d'Occident (1378-1417), durant lequel deux, puis trois papes rivaux se disputaient la légitimité. Le concile déposa les trois prétendants (Jean XXIII, Benoît XIII, Grégoire XII) et fit élire Martin V par le conclave, rétablissant l'unité de l'Église. Il condamna également les enseignements de Jean Hus, prédicateur bohémien influencé par Wyclif, qui niait la transsubstantiation, le pouvoir ecclésiastique et la hiérarchie, et qui fut brûlé vif en 1415 malgré un sauf-conduit de l'empereur Sigismond. Le concile tenta d'affirmer la supériorité du concile sur le pape (conciliarisme) par le décret « Haec sancta », mais cette position fut finalement rejetée par le Latran V.
Concilium Basilense
Ce concile, transféré à Ferrare puis à Florence, a réalisé une union temporaire avec les Grecs et d'autres Églises orientales. Il a défini la procession du Saint-Esprit (Filioque) et la primauté du pape.
Concilium Lateranense V
Dernier concile avant la Réforme protestante (1517), le Latran V se tint dans un contexte de crise profonde : simonie, népotisme, abus de pouvoir ecclésiastique, et montée du conciliarisme. Convoqué par le pape Jules II en réponse au concile schismatique de Pise (1511) organisé par des cardinaux réformistes, il condamna solennellement le conciliarisme (thèse selon laquelle le concile est supérieur au pape) et réaffirma la primauté pontificale. Il tenta une réforme de l'Église par la bulle « Inter multiplices » imposant la prédication et le catéchisme, mais les décrets de réforme restèrent largement inappliqués. Le concile proclama l'immortalité de l'âme contre les averroïstes padouans, et autor l'imprimerie comme moyen de diffusion de la foi. Son échec à réformer l'Église ouvrit la voie à Luther.
Concilium Tridentinum
Le concile le plus important de l'histoire moderne, réponse de l'Église catholique à la Réforme protestante. Il a défini la doctrine sur la Révélation, le péché originel, la justification, les sacrements, la messe, le purgatoire, les indulgences, les saints et les images.
Concilium Vaticanum I
Ce concile a défini le dogme de l'infaillibilité pontificale et la primauté juridictionnelle du pape sur toute l'Église. Il a été interrompu par la prise de Rome en 1870.