Hérésies et condamnations
Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.
Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.
Pelagianismus
Le pélagianisme nie la transmission du péché originel, affirme que l'homme peut observer la loi de Dieu sans la grâce, et que la grâce n'est pas nécessaire pour le salut.
Pélage, moine breton ou irlandais, arrive à Rome vers 380. Choqué par la dépravation des chrétiens romains qui invoquent la faiblesse humaine comme excuse, il prêche la perfection morale par les seules forces humaines. Son disciple Célestius propage l'enseignement en Afrique du Nord, où il rencontre l'opposition de Saint Augustin.
L'homme peut être sauvé par ses propres forces, sans la grâce divine ; le péché originel n'a pas d'effet.
Le pélagianisme ruine tout l'édifice du salut : si l'homme peut se sauver lui-même, la grâce est inutile, la Rédemption est superflue, les sacrements sont de simples encouragements moraux. Le péché originel, dont le baptême efface la tache, n'existe pas. La justification n'est pas une transformation intérieure par la grâce mais un effort moral humain.
Pélage arrive à Rome vers 380. Après le sac de Rome (410), il se réfugie en Afrique du Nord puis en Palestine. Célestius est condamné au synode de Carthage (411) pour ne pas vouloir condamner la négation du péché originel. Saint Augustin écrit une série d'ouvrages magistraux. Le pape Innocent I confirme la condamnation (417). Le pape Zosime semble d'abord réhabiliter Célestius mais se rétracte sous la pression des évêques africains. Le Concile de Carthage (418) et le Concile d'Éphèse (431) condamnent définitivement le pélagianisme.
Saint Augustin, « De peccatorum meritis et remissione »
Sine gratia Dei, non possumus velle nec facere quod bonum est. Gratis enim salvamur, non ex operibus.
Concile de Carthage (418)
Si quis dicit, quod Adam peccando se tantum laesit, et non omne hominum genus : anathema sit.
Pape Innocent I, « Lettre au Concile de Carthage »
Gratia Dei non sive libera est, quæ hominem praedicat, sed et necessaria.
Neuf canons contre les Pélagiens
« Epistola Tractoria »
De peccatorum meritis et remissione ; De gratia et libero arbitrio ; De dono perseverantiae
Réfutation systématique du pélagianisme. Démontre que sans la grâce, l'homme ne peut ni vouloir ni faire le bien. Le péché originel est transmis par génération. La grâce est un don gratuit, non un salaire.
De gratia Dei et libero arbitrio
Défenseur de la doctrine augustinienne de la grâce contre les semi-pélagien de Marseille.
Lettre au Concile de Carthage
Confirme la condamnation de Pélage et de Célestius, établissant que la grâce est nécessaire pour chaque acte bon.
Le droit canonique condamne quiconque nie le péché originel ou affirme que l'homme peut être sauvé sans la grâce. CIC 1364 §1 s'applique. Le baptême des enfants confirme la doctrine du péché originel (CIC 867).
Le pélagianisme a provoqué les écrits les plus profonds de Saint Augustin sur la grâce et le péché originel. La doctrine augustinienne de la grâce prédestinante, élaborée contre Pélage, devient le fondement de la théologie catholique du salut. Le Concile d'Orange (529) définit la position orthodoxe sur la grâce.