Hérésies et condamnations

Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.

Anthropologique5e siècle

Semi-Pélagianisme

Semipelagianismus

Origine : Marseille, GaulePromoteur : Jean Cassien, Vincent de Lérins, Fauste de Riez

Description

Le semi-pélagianisme enseigne que l'homme peut prendre l'initiative de salut par son libre arbitre, et que la grâce de Dieu répond ensuite à cette initiative. « Les premières démarches vers Dieu viennent de l'homme. »

Contexte historique

Après la mort de Saint Augustin (430), des moines de Provence (Lérins, Marseille) réagissent contre ce qu'ils perçoivent comme un excès augustinien : la prédestination absolue. Jean Cassien, fondateur du monastère de Saint-Victor à Marseille, et Vincent de Lérins proposent une voie médiane : l'homme fait le premier pas vers Dieu, la grâce couronne l'effort humain.

Erreur condamnée

L'homme peut commencer le salut par son libre arbitre, la grace venant ensuite recompenser cette initiative.

Enjeux théologiques

Si l'homme peut « commencer » la foi par ses propres forces, alors la grâce n'est pas toujours première (grâce prévenante). Le mérite humain devient la condition de la grâce, ce qui contredit le caractère gratuit de la justification. L'initiative du salut revient à l'homme plutôt qu'à Dieu.

Développement

Jean Cassien publie ses « Conférences » (vers 420-430) avec des positions semi-pélagiennes implicites. Fauste de Riez (vers 475) systématise la doctrine. Saint Prosper d'Aquitaine alerte le pape Célestine I. Le Concile d'Orange II (529), présidé par Césaire d'Arles, condamne le semi-pélagianisme mais nuance la prédestination augustienne stricte : la grâce est nécessaire pour chaque acte bon, y compris l'initium fidei.

Réfutations patristiques

Concile d'Orange II (529), Canon 5

Si quis dicit, quod initium fidei, et ipsa credulitas, non gratis hominis donum est, sed ex natura nobis est : anathema sit.

Saint Prosper d'Aquitaine, « De gratia Dei »

Non nos prævenimus gratia Dei, sed ipse nos prævenit ut velimus.

Condamnations officielles

Synode

Concile d'Orange II

529

25 canons sur la grâce

  • Canon 1 : La foi est un don gratuit
  • Canon 5 : L'homme ne peut pas croire sans la grace
  • Canon 25 : L'amour de Dieu est aussi un don de la grace

Pères de l'Église

Saint Prosper d'Aquitaine

De gratia Dei et libero arbitrio ; Contre les Collateurs

Réfute les positions de Cassien. Démontre que même l'initium fidei (début de la foi) est un don de la grâce, non un acte du libre arbitre.

Saint Césaire d'Arles

Statuts du Concile d'Orange II (529)

Préside le Concile d'Orange qui condamne le semi-pélagianisme. Établit que la grâce prévient et accompagne tout acte méritoire.

Réponse en droit canonique

Le Concile d'Orange II (529) est le document magistériel décisif. Ses 25 canons définissent la doctrine catholique sur la grâce. Le CIC 208 rappelle l'égalité fondamentale de tous les baptisés dans la dignité de la grâce.

Références canoniques

CIC 208Concile d'Orange II, Canons 1-25Concile de Trente, Session VI

Conséquences pour l'Église

Le Concile d'Orange a établi l'équilibre orthodoxe entre grâce et libre arbitre : la grâce est toujours première et nécessaire, mais l'homme coopère librement. Ce décret est approuvé par le pape Boniface II et devient la norme catholique. Il est cité par le Concile de Trente.

Hérésies connexes

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Mots-clés

orangecassieninitiativepreventiongrace