Hérésies et condamnations

Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.

Ecclésiologique20e siècle

Le Sillon

Sillonismus

Origine : FrancePromoteur : Marc Sangnier

Description

Mouvement politique-religieux français prônant la démocratie intégrale et la réconciliation du catholicisme avec la République, en subordonnant la doctrine sociale de l'Église aux idéaux républicains.

Contexte historique

Le Sillon fut fondé par Marc Sangnier en 1894 comme mouvement de jeunesse catholique engagé dans la démocratie. Il prônait la « démocratie intégrale » : la démocratie comme forme politique idéale, compatible et même exigée par le christianisme. Le mouvement s'opposait à l'Action française monarchiste. Le pape Pie X le condamna dans la lettre Notre Charge Apostolique (1910), reprochant au Sillon de subordonner la foi à la politique.

Erreur condamnée

Le Sillon confondait l'ordre naturel (la politique démocratique) et l'ordre surnaturel (la foi catholique), en prétendant fonder la démocratie sur l'Évangile et en remplaçant la charité chrétienne par la solidarité républicaine.

Enjeux théologiques

Le Sillon faisait de la démocratie un absolu, oubliant que la forme de gouvernement est contingente et non révélée. Il substituait la fraternité humanitaire à la charité surnaturelle, et la solidarité sociale à la grâce sanctifiante. Le Christ n'est pas venu fonder une démocratie mais une Église.

Développement

Le Sillon commença comme mouvement de jeunesse catholique progressiste, mais évolua vers un syncrétisme politico-religieux. Après les lois laïques de 1901 et 1905, Sangnier tenta de réconcilier catholicisme et République en fondant la « démocratie intégrale ». Le mouvement gagna en influence mais perdit sa spécificité catholique. Après la condamnation de 1910, les sillonnistes se dispersèrent — certains vers l'Action française, d'autres vers le christianisme social.

Réfutations patristiques

Pape Pie X, Notre Charge Apostolique (1910)

Enimvero, dilecti filii, Silloni, de quo sermo est, non alia in causa est, quam quod catholici viam inierint periculosam, per quam, securitatis vel commoditatis causa, a vera doctrina deflectunt.

Condamnations officielles

Encyclique

Pape Pie X

1910

Notre Charge Apostolique

  • Le Sillon est condamné pour subordonner la foi à la politique
  • La démocratie n'est pas un absolu moral
  • Les catholiques ne doivent pas confondre l'action politique et l'apostolat religieux
  • Le Sillon est dissous en tant que mouvement catholique

Réponse en droit canonique

La forme de gouvernement relève de la prudence politique et n'est pas un dogme de foi. L'Église peut coexister avec toute forme de gouvernement juste (monarchie, démocratie, aristocratie) sans en faire un absolu. La charité surnaturelle ne peut être remplacée par la solidarité humanitaire. L'apostolat religieux et l'action politique restent distincts dans leur nature et leurs fins (Pie X, Notre Charge Apostolique, 1910).

Conséquences pour l'Église

Le Sillon contribua à la politisation du catholicisme français et à la confusion entre engagement politique et apostolat. Il affaiblit la résistance catholique à la laïcisation en proposant une « réconciliation » aux conditions républicaines. La condamnation de Pie X renforça la doctrine des deux glaives et la distinction entre ordre naturel et surnaturel. Certains principes sillonnistes réapparurent dans la Démocratie chrétienne d'après-guerre.

Hérésies connexes

Mots-clés

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