Hérésies et condamnations
Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.
Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.
Liberalismus catholicus
Le libéralisme catholique enseigne que la liberté de conscience et la séparation de l'Église et de l'État sont légitimes et même souhaitables. Il prétend que l'Église doit s'adapter aux idées modernes de liberté, démocratie et progrès. C'est le précurseur direct de la liberté religieuse de Vatican II (Dignitatis Humanae).
Après la Révolution française, des catholiques cherchent un compromis avec les idées libérales. Lamennais, prêtre breton, publie « Paroles d'un croyant » (1834), un manifeste libéral mystique. Montalembert, Dupanloup et Lacordaire représentent le catholicisme libéral français. Le Syllabus de Pie IX (164) condamne les principes libéraux.
La liberté de conscience est un droit ; l'Église doit s'allier aux idées modernes de liberté ; la séparation de l'Église et de l'État est légitime.
La liberté de conscience comme « droit naturel » contredit l'obligation de professer la vraie religion. L'Église ne peut pas reconnaître un « droit à l'erreur ». La séparation de l'Église et de l'État prive la société de la lumière de la foi. Le libéralisme catholique contredit les encycliques « Mirari Vos », « Quanta Cura » et le Syllabus.
Lamennais publie « Paroles d'un croyant » (1834) et est condamné par Grégoire XVI (Singulari Nos). Le Syllabus de Pie IX (1864) condamne 80 propositions libérales. Léon XIII cherche un compromis (ralliement) mais condamne le libéralisme doctrinal (Libertas, 1888). Le libéralisme catholique mène au modernisme.
Pape Grégoire XVI, Encyclique « Mirari Vos » (1832)
Ex hac putidissima indifferentismi fonte, absurdum illud ac erroneum, seu potius delirium emanat, liberum cuique esse, religionem, qua rationis lumine quis ductus, veram putaverit, amplecti.
Pape Pie IX, « Quanta Cura » et Syllabus (1864)
Si quis dixerit, hominem ad religionem amplectendam obligari, quæ rationis ductu verissima sit : anathema sit.
Pape Léon XIII, « Libertas Praestantissimum » (1888)
Libertas, ut philosophi appellant et recentiores prædicant, est ea facultas qua quis potest, sine ullo externo impedimento, ad ea quæ velit, se convertere. Atqui hæc, si prave intelligatur, ut solet, est omnino perniciosa.
Encyclique « Mirari Vos »
Encyclique « Quanta Cura » et Syllabus Errorum
Encyclique « Libertas Praestantissimum »
Mirari Vos (1832)
Condamne la liberté de conscience comme « délice » (delirium) et l'indifférentisme religieux.
Quanta Cura et Syllabus (1864)
Condamnation systématique des erreurs modernes, y compris la liberté de conscience, la liberté de la presse, et le rationalisme.
Libertas Praestantissimum (1888)
Analyse la liberté humaine et distingue la liberté légitime (soumise à la vérité) de la liberté libérale (autonome).
CIC 748 §1 affirme l'obligation de professer la vraie religion. CIC 1364 §2 condamne le schisme. Les encycliques antilibérales ont force de magistère ordinaire.
Le Syllabus de 1864 est devenu la référence antilibérale. La liberté religieuse de Vatican II (Dignitatis Humanae, 1965) est vue par les traditionalistes comme une adoption du libéralisme condamné.