Hérésies et condamnations
Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.
Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.
Indifferentismus religiosus
L'indifférentisme religieux enseigne que toutes les religions se valent, qu'il n'y a pas de vraie religion objective, et que chaque homme est libre de choisir sa religion ou d'en changer selon sa convenance. C'est la source du faux œcuménisme de Vatican II et de la déclaration Nostra Aetate.
L'indifférentisme naît des Lumières européennes (XVIIIe siècle). Voltaire, Condorcet et les philosophes considèrent les religions comme des constructions humaines équivalentes. Ce rationalisme religieux s'oppose directement à la doctrine de l'Église comme seule voie de salut.
Toutes les religions se valent ; le choix de la religion est une affaire de préférence personnelle ; l'Église catholique n'est pas la seule vraie religion.
Si toutes les religions se valent, la Révélation chrétienne n'a pas de valeur supérieure, l'Incarnation est un mythe parmi d'autres, et le sacrifice de la Croix est un événement sans importance universelle. L'indifférentisme nie la nature surnaturelle de la foi et la nécessité de l'Église pour le salut.
Les philosophes des Lumières propagent l'indifférentisme au XVIIIe siècle. Le Concile de Florence (1442) avait déjà condamné l'idée que les non-catholiques puissent être sauvés. Grégoire XVI (Mirari Vos, 1832) et Pie IX (Syllabus, 1864) condamnent l'indifférentisme. Vatican II (Nostra Aetate, 1965) est accusé de verser dans l'indifférentisme en reconnaissant des « semences de vérité » dans les autres religions.
Concile de Florence, « Cantate Domino » (1442)
Sancta Romana Ecclesia firmiter credit, profitetur et prædicat, nullos extra catholicam Ecclesiam existentes, non solum paganos, sed nec Judæos aut hæreticos atque schismaticos, æternam vitam posse consequi.
Pape Grégoire XVI, « Mirari Vos » (1832)
Ex hoc indifferentismi fonte, absurdum illud ac erroneum, seu potius delirium emanat.
Pape Pie IX, Syllabus, Prop. 16 (1864)
Homines potuerunt, in diversis cultibus, quibus singuli informantur, æternam salutem consequi. — Damnata.
Décret « Cantate Domino »
Encyclique « Mirari Vos »
Syllabus Errorum, Prop. 15-18
Cantate Domino (1442)
Décret dogmatique : « L'Église romaine croit fermement, professe et prêche que hors de l'Église catholique, non seulement les païens, mais aussi les juifs, les hérétiques et les schismatiques ne peuvent être sauvés. »
Mirari Vos (1832)
Condamne l'indifférentisme comme source de « l'absurde et erronée folie » (delirium) de la liberté de conscience.
Syllabus, Propositions 15-18 (1864)
Condamnation de l'indifférentisme sous toutes ses formes.
CIC 748 §1 : « Nul ne peut être sauvé hors de l'Église catholique. » CIC 1364 §1 pour l'hérésie. Le décret de Florence est un dogme de foi.
La doctrine constante de l'Église affirme « Extra Ecclesiam nulla salus » (hors de l'Église, point de salut). Vatican II nuance cette formule mais ne la supprime pas. Les traditionalistes maintiennent que l'indifférentisme est incompatible avec la foi catholique.