Hérésies et condamnations
Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.
Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.
Modernismus
Le modernisme, qualifié de « synthèse de toutes les hérésies » par Pie X, enseigne que le dogme évolue avec les époques, que la foi est un sentiment intérieur et non un assentiment intellectuel à des vérités révélées, et que la critique historique peut rejeter les miracles et la résurrection. Il est la racine intellectuelle de toutes les erreurs de Vatican II.
À la fin du XIXe siècle, la confrontation entre la foi catholique et la pensée moderne (positivisme, évolutionnisme, criticisme kantien) provoque une crise intellectuelle. Alfred Loisy, exégète français, applique la méthode historico-critique aux Écritures. George Tyrrell, jésuite anglais, développe un modernisme théologique. Le pape Pie X qualifie le modernisme de « synthèse de toutes les hérésies ».
Le dogme évolue avec les époques ; la foi est un sentiment, non un assentiment intellectuel ; les vérités religieuses sont des symboles de l'expérience intérieure.
Le modernisme réduit le dogme à une « formule » évolutive, la foi à un « sentiment » intérieur, et la Révélation à la « conscience » de sa relation avec Dieu. Il nie le surnaturel objectif (miracles, résurrection) et réinterprète les dogmes comme des symboles de l'expérience religieuse. La vérité n'est pas immuable mais évolue avec l'humanité.
Loisy publie ses thèses dans les années 1890-1900. Le décret « Lamentabili » (1907) condamne 65 propositions. L'encyclique « Pascendi » (1907) réfute systématiquement le modernisme. Le serment antimoderniste (1910) est imposé à tous les clercs. Pie XII confirme les condamnations (Humani generis, 1950). Le serment est aboli en 1967.
Pape Pie X, Encyclique « Pascendi Dominici Gregis » (1907)
Modernismus est compendium omnium hæresium. Qui modernismum amplectitur, is omnia dogmata catholica destruit.
Pape Pie X, « Lamentabili Sane Exitu » (1907)
Ecclesia non debet præcepta ferre quæ homines adstringunt, nisi sub gravi necessitate et in rebus fidei et morum.
Pape Pie X, Motu Proprio « Sacrorum Antistitum » (1910)
Juro me modernismum, prout a Pio X damnatus est, omnino rejicere, et ad errores ejus non accedere.
Encyclique « Pascendi Dominici Gregis »
Décret « Lamentabili Sane Exitu »
Motu Proprio « Sacrorum Antistitum » (Serment antimoderniste)
Pascendi Dominici Gregis (1907)
Réfutation magistrale du modernisme : analyse de l'immanentisme religieux, de l'évolution du dogme, et de la critique historique rejetant le surnaturel.
Lamentabili Sane Exitu (1907)
Condamnation de 65 propositions modernistes sur les Écritures, les dogmes, les sacrements et l'Église.
Le droit canonique de 1917 (CIC 1917, can. 1324, 1325, 2314) condamne le modernisme. Le serment antimoderniste est imposé. CIC 1364 §1 s'applique. Le CIC 750 §1 rappelle l'assentiment de foi aux vérités révélées.
Le modernisme a profondément marqué la théologie catholique. La méthode historico-critique, condamnée sous sa forme radicale, a été réhabilitée par Vatican II (Dei Verbum). Le serment antimoderniste a été supprimé en 1967. Beaucoup considèrent que les erreurs modernistes ont triomphé au Concile Vatican II.