Hérésies et condamnations
Les principales hérésies condamnées par l'Église catholique, avec leurs erreurs, leurs réfutations patristiques, et les condamnations conciliaires ou pontificales.
Monophysisme
Mono physitismus
Description
Le monophysisme enseigne qu'il n'y a qu'une seule nature dans le Christ : la nature divine, la nature humaine ayant été comme absorbée par la nature divine. « Deux natures avant l'union, une seule après. »
Contexte historique
Réaction excessive contre le nestorianisme : si Nestorius divise le Christ en deux personnes, Eutychès (archimandrite de Constantinople) fusionne les deux natures en une seule. Le « Tome » du pape Léon I à Flavien (449) définit l'orthodoxie des deux natures. Le brigandage d'Éphèse (449) impose le monophysisme par la force impériale, mais le Concile de Chalcédoine (451) restaure l'orthodoxie.
Erreur condamnée
Le Christ n'a qu'une seule nature (la divine), la nature humaine ayant été absorbée.
Enjeux théologiques
Si le Christ n'a qu'une nature divine, son humanité n'est pas réelle : il n'a pas véritablement souffert, n'a pas véritablement été tenté, n'a pas véritablement sauvé l'homme par son humanité. Le mystère de l'Incarnation exige que les deux natures restent « sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation » (Définition de Chalcédoine).
Développement
Eutychès enseigne le monophysisme vers 448. Le Synode de Constantinople le condamne, mais l'empereur Théodose II le réhabilite au brigandage d'Éphèse (449). Après la mort de Théodose, l'impératrice Pulchérie et le pape Léon convoquent le Concile de Chalcédoine (451) qui condamne Eutychès. Les monophysites forment des Églises séparées (coptes, syriennes, arméniennes) qui subsistent aujourd'hui.
Réfutations patristiques
Concile de Chalcédoine (451), Définition
Confitemur unum eumdemque Christum Filium Dominum nostrum, in duabus naturis inconfuse, immutabiliter, indivise, inseparabiliter agnoscendum.
Pape Léon I, « Tome à Flavien »
Agit enim in utroque forma : quia opera divinitatis sunt et opera humanitatis... Unus erga Deus et homo, idem Filius Dei et filius hominis.
Condamnations officielles
Concile de Chalcédoine
Définition de foi
- Canon de foi : « Deux natures... inconfuse, immutabiliter, indivise, inseparabiliter »
- Canon 1-30 : Condamnation des monophysites
Concile de Constantinople II
Trois Chapitres
Pères de l'Église
Pape Léon I le Grand
Tome à Flavien (Ep. 28)
Définit la doctrine des deux natures : « Chaque nature opère ce qui lui est propre en communion avec l'autre ». Le Tome est accepté par Chalcédoine comme expression de la foi de saint Pierre.
Saint Maxime le Confesseur
Opuscules théologiques
Défend l'orthodoxie chalcédonienne contre les monophysites et les monothélites. Démontre que deux volontés naturelles ne divisent pas la personne.
Réponse en droit canonique
Le Concile de Chalcédoine dépose Dioscore d'Alexandrie, chef des monophysites. CIC 1364 §1 et CIC 1436 §1 s'appliquent.
Références canoniques
Conséquences pour l'Église
Le monophysisme a provoqué la deuxième grande rupture de la chrétienté. Les Églises coptes, syriaques et arméniennes (les « orientales orthodoxes ») refusent Chalcédoine et restent séparées. Le monothélisme sera une tentative ratée de réconciliation avec les monophysites au VIIe siècle.