a) En italique, les passages que la version grecque ajouteau texte hébreu, additions que les Églises catholique etorthodoxe reconnaissent comme inspirées. Saint Jérômeles rejetées en appendice à sa version latine, 10 4
s.Nous les replaçons selon la disposition du texte grecavec la numérotation de l’édition des LXX de Rahlfs.La numérotation de ces passages dans la Vulg. est don¬née en marge.b) Assuérus, transcription latine et française de la formehébraïque du nom perse Kshajarsha, en grec Xerxès,cf. Esd 4 6. Far confusion avec le nom de ses succes¬seurs, le grec porte Artaxerxès.c) Le texte grec, qui rapporte seul ce songe, donned’avance la trame du récit sous une forme énigmatiqueet apocalyptique (la clé sera donnée en 10 3
a-k), et sou¬ligne ainsi T intervention divine.a) Ville située à l’est de Babylone, ancienne capitaled’Êlam et résidence d’hiver des rois perses,e) La chronologie est très libre : la généalogie de Mar¬dochée ne retient que quelques noms pour couvrir cinqou six siècles. Lui-même est présenté à la fois commeun courtisan d’Assuérus (vers 480) et comme un déportécontemporain de Jékonias (= Joiakîn, vers 598).{) On unifie les noms propres qui ont des formes varia¬bles selon les textes.701ESTHERCopmqM C drtiom du Cm!1 1
I. Assuérus et VasthiFestin d’Assuérus.I1 C’était au temps d’Assuérus, cetAssuérus dont l’empire s’étendait del’Inde à TÉthiopie, soit sur cent vingt-sept provinces.2
En ce temps-là, commeil siégeait sur son trône royal, à la cita¬delle de Suse, la troisième année de sonrègne, il donna un banquet, présidé parlui, à tous ses grands officiers et servi¬teurs chefs de l’armée des Perses et desMèdes, nobles et gouverneurs de provin¬ces. 4
II voulait étaler à leurs yeux larichesse et la magnificence de sonroyaume ainsi que l’éclat splendide de sagrandeur, pendant une longue suite dejours, exactement cent quatre-vingts.5
Ce temps écoulé, ce fut alors toute lapopulation de la citadelle de Suse, duplus grand au plus petit, qui se vit offrirpar le roi un banquet de sept jours, surl’esplanade du jardin du palais royal. 6
Cen’étaient que tentures de toile blanche etde pourpre violette attachées par des cor¬dons de byssus et de pourpre rouge, eux-mêmes suspendus à des anneaux d’ar¬gent fixés sur des colonnes de marbreblanc, lits d’or et d’argent posés sur undallage de pierres rares, de marbre blanc,de nacre et de mosaïques !7
Pour boire,des coupes d’or, toutes différentes, etabondance de vin offert par le roi avecune libéralité royale. 8
Le décret royaltoutefois ne contraignait pas à boire, leroi ayant prescrit à tous les officiers desa maison que chacun fût traité commeil l’entendait.L’affaire Vasthi.9
La reine Vasthi by de son côté, avaitoffert aux femmes un festin dans le palaisLes« serviteurs » sont ici les hauts fonctionnaires. De telsbanquets étaient fréquents, cf. Gn 40 20 ; 1 R 3 15 ;Dn 5 1 ; Me 6 21.b) Vasthi, comme Esther, est inconnue de l’histoire.royal d’Assuérus.10
Le septième jour, misen gaieté par le vin, le roi ordonna à Dn5i-tMehumân, à Bizzeta, à Harbona, à Bigta,à Abgata, à Zétar et à Karkas, les septeunuques attachés au service personneldu roi Assuérus, 11
de lui amener la reineVasthi coiffée du diadème royal, en vuede faire montre de sa beauté au peupleet aux grands officiers. Le fait est quelleétait très belle. 12
Mais la reine Vasthirefusa de venir selon l’ordre du roi queles eunuques lui avaient transmis. L’irri¬tation du roi fut extrême et sa colères’enflamma. 13
II s’adressa aux sages ver¬sés dans la science des loisc - car c’estainsi que les affaires du roi étaient trai¬tées, en présence de tous ceux qui étaientversés dans la science de la loi et du droit.14
II fit venir près de lui Karshena, Shétar,Admata, Tarshish, Mérès, Marsena etMemukân, sept grands officiers perseset mèdes admis à voir la face du roi</et siégeant aux premières places duroyaume. 15 « Selon la loi, dit-il, quefaut-il faire à la reine Vasthi pour n’avoirpas obtempéré à l’ordre du roi Assuérusque les eunuques lui transmettaient ? »16
Et en présence du roi et des grandsofficiers, Memukân répondit : « Ce n’estpas seulement contre le roi que la reineVasthi mal agi, c’est aussi contre tousles grands officiers et contre toutes lespopulations répandues à travers les pro¬vinces du roi Assuérus.17
La façon agirde la reine ne manquera pas de venir àla connaissance de toutes les femmes, quiregarderont leur mari avec mépris. “Leroi Assuérus lui-même, pourront-ellesdire, avait donné l’ordre de lui amener lareine Vasthi, et elle n’est pas venue !”C’est-à-dire admis au conseil royal, cf. 2
R 25 19.- Cette consultation de sages est également attestée enDn 2 2
s ; 5 7-12.702ESTHFR2 Aujourd’hui même les femmes desgrands officiers perses et mèdes vont par¬ler à tous les grands officiers du roi dece qu’elles ont appris de la façon d’agirde la reine, et ce sera grand mépris etgrande colère. 19 Si tel est le bon plaisirDn68,io, du roi, qu’un édit émané de lui s’inscrive,irrévocable , parmi les lois des Perses et85.8 des Mèdes, pour interdire à Vasthi deparaître en présence du roi Assuérus, etque le roi confère sa qualité de reine àune autre qui vaille mieux qu’elle.20
Puisl’ordonnance portée par le roi sera pro¬mulguée dans tout son royaume, qui estgrand, et lors les femmes rendront hon¬neur à leur mari, du plus grand jusqu’auplus humble. »21
Ce discours plut au roi et aux grandsofficiers, et le roi suivit l’avis de Memu-kân. 22
II envoya des lettres à toutes lesprovinces de l’empire, à chaque provinceselon son écriture et à chaque peuple Dn 34.626selon sa langue, afin que tout mari fûtmaître chez luib.IL Mardochée et EstherEsther devient reine.21
Quelque temps après, sa fureur cal¬mée, le roi Assuérus se souvint deVasthi, il se rappela la conduite qu’elleavait eue, les décisions prises à son sujetc.2
Les courtisans de service auprès du roilui dirent : « Que l’on recherche pour leroi des jeunes filles, vierges et belles.3
Que le roi constitue des commissairesdans toutes les provinces de son royaumeafin de rassembler tout ce qu’il y dejeunes filles vierges et belles à la citadellede Suse, dans le harem, sous l’autorité deHégé, eunuque du roi, gardien des fem¬mes. Celui-ci leur donnera tout ce qu’ilfaut pour leurs soins de beauté ’et lajeune fille qui aura plu au roi succéderacomme reine à Vasthi. » L’avis convintau roi, et c’est ce qu’il fit.5
Or, à la citadelle de S use vivait un11“ Juif nommé Mardochée, fils de Yaïr, filsde Shiméï, fils de Qish, de la tribu deBenjamin,6
qui avait été exilé de Jérusa¬lem parmi les déportés emmenés avec lea) Le thème de l'édit irrévocable, et bientôt caduc, esttrès exploité dans la littérature biblique d’inspirationperse, peut être avec une subtile ironie de l’écrivain juif.b) Hébr. ajoute : «et qu’il parle la langue de sonpeuple », omis par grec.c) L’hébr. implique que le roi regrette Vasthi. Le grecet Lucien suggèrent au contraire qu’il l’a oubliée.d) Le nom Esther est sans doute d'origine babylo¬nienne (Ishtax) comme celui de Mardochée (Mardukj :mais on peut penser au persan starch, « étoile ». Hadassaroi de Juda, Jékonias, par le roi de Baby-lone, Nabuchodonosor, 7
et élevait alorsune certaine Hadassa, autrement ditEsther d, fille de son oncle, car orphelinede père et de mère. Elle avait belle pres¬tance et agréable aspect, et, à la mort deses parents, Mardochée l’avait prise aveclui comme si elle eût été sa fillee.8
L’ordre royal et le décret proclamés, Dn113-20une foule de jeunes filles furent donc ras¬semblées à la citadelle de Suse et confiéesà Hégé. Esther fut prise et amenée aupalais royal. Or, confiée comme lesautres à l’autorité de Hégé, gardien desfemmes, 9
la jeune fille lui plut et gagnasa faveur. Il prit à cœur de lui donner auplus vite ce qui lui revenait pour saparure et pour sa subsistance et, de plus,lui attribua sept suivantes choisies de lamaison du roi, puis la transféra, avec sessuivantes, dans un meilleur appartementdu harem. 10
Esther n’avait révélé ni sonpeuple ni sa parenté, car Mardochée lelui avait défenduf.11
Chaque jour celui-cise promenait devant le vestibule duest un nom hébreu (« myrte »).e) Grec lit à la fin : « Il l’avait élevée dans le but d’enfaire sa femme. » La tradition juive postérieure à lcrechrétienne suivi cette leçon et fait d’Esther la femmede Mardochée.f) La situation rappelle celle de Daniel et de ses troiscompagnons, Dn 1. Mais en Dn. la faveur des jeunesHébreux auprès du roi, qui connaît leur origine, estclairement rapportée à leur fidélité à la Loi.703ESTHER2 12
harem pour avoir des nouvelles de lasanté d’Esther et de tout ce qui luiadvenait.12
Chaque jeune fille devait se présenterà son tour au roi Assuérus au terme dudélai fixé par le statut des femmes, soitdouze mois. L’emploi de ce temps de pré¬paration était tel : pendant six mois lesjeunes filles usaient de l’huile de myrrhe,et pendant six autres mois du baume etdes onguents employés pour les soins debeauté féminine. 13
Quand elle sc présen¬tait au roi, chaque jeune fille obtenait toutce quelle demandait pour le prendre avecelle en passant du harem au palais royal.N Elle s’y rendait au soir et, le lendemainmatin, regagnait un autre harem, confié àShaashgaz, l’eunuque royal préposé à lagarde des concubines. Elle ne retournait4ii pas vers le roi à moins que le roi ne s’enfût épris et ne la rappelât nommément.15
Mais Esther, fille d’Abihayil, lui-même oncle de Mardochée qui l’avaitadoptée pour fille, son tour venu de serendre chez le roi, ne demanda riend’autre que ce qui lui fut indiqué parl’eunuque royal Hégé, commis à la gardedes femmes. Et voici qu’Esther trouvagrâce devant tous ceux qui la virent.16
Elle fut conduite au roi Assucrus, aupalais royal, le dixième mois, qui estTébèt, en la septième année de son règne,17
et le roi la préféra à toutes les autresfemmes, elle trouva devant lui faveur etgrâce plus qu’aucune autre jeune fille. Il4 i7u-y posa donc le diadème royal sur sa tête etla choisit pour reine à la place de Vasthi.18
Après cela le roi donna un grand fes¬tin, le festin d’Esther, à tous les grandsofficiers et serviteurs, accorda un jour derepos à toutes les provinces et prodiguades présents avec une libéralité royale.a) Texte corrigé. Hébr. (suivi par Vulg.) : « Lorsque lesjeunes filles furent rassemblées pour la deuxième fois,Mardochée siégeait à la Porte » ; grec : « Mardochéeétait en fonction clans le palais ». La mention de Mar-dochéc et de su fonction est inattendue ici. F.lle revientbien en place au v. 21, dont elle est sans doute unedi ttographic.b) Le grec, plus religieux que l’hébr., lit : « Quant àEsther, elle n’avait pas fuit connaître sa patrie. Mardo-chéc lui avait en effet recommandé de craindre Dieu etd’observer scs commandements comme au temps oùelle était avec lui. Et Esther n’avait pas changé deconduite. » rc) L’expression désigne l’ensemble des services royaux,Mardochée et Aman.19
En passant, comme les jeunes filles,dans le second harem, 20
Esther n’avait 214révélé ni sa parenté ni son peuple, ainsique le lui avait prescrit Mardochée dontelle continuait à observer les instructionscomme au temps où elle était sous satutelleb. 21
Mardochée était alors attachéà la Royale Portec. Mécontents, deuxeunuques royaux, Bigtân et Téresh, ducorps des gardes du seuil, complotèrentde porter la main sur le roi Assuérus.22
Mardochée en eut vent, informa lareine Esther et celle-ci, à son tour, enparla au roi au nom de Mardochée.23
Après enquête, le fait se révéla exact.Ces deux-là furent envoyés au gibet et,en présence du roi, une relation de l’his¬toire fut consignée dans le livre des Chro¬niques.31 Quelque temps après, le roi Assué¬rus distingua Aman, fils de Ham-data, du pays d’Agagd. Il l’éleva endignité, lui accorda prééminence sur tousles grands officiers, ses collègues, 2
ettous les serviteurs du roi, préposés auservice de sa Porte, s’agenouillaient et seprosternaient devant lui, car tel était’ordre du roi. Mardochée refusa de 4
i7d-cfléchir le genou et de se proster¬ner. 3 « Pourquoi transgresses-tu l’ordreroyal ? » dirent à Mardochée les servi¬teurs du roi préposés à la Royale Porte.4
Mais ils avaient beau le lui répéter tousles jours, il ne les écoutait pas. Ils dénon¬cèrent alors le fait à Aman, pour voir siMardochée persisterait dans son attitude(car il leur avait dit qu’il était Juif).5
Aman put en effet constater que Mar¬dochée ne fléchissait pas le genou devantlui ni ne se prosternait : il en prit un accèsou. en d’autres cas, les bâtiments qui les abritaient (noustraduisons alors « la Porte Royale »).d) Pays inconnu, dont le nom. cejui d’un roi d’Amaleqvaincu par Saul, 1