Le roi Assuérus leva tribut surle continent et sur les îles de lamer. 2
Tous les exploits de sa vigueur etde sa vaillance, ainsi que la relation del’élévation de Mardochée qu’il avaitexalté, tout cela est écrit dans le livre desChroniques des rois des Mèdes et desPersesb.5
Car le Juif Mardochée était le pre¬mier après le roi Assuérus. C’était un2 m homme considéré par les Juifs, aimé parla multitude de scs frères, recherchant lebien de son peuple et se préoccupant dubonheur de sa racec.ic’ 3
fl Et Mardochée dit : « C'est de Dieuqu est venu tout cela !îb Si je me remé¬more le songe que j’eus à ce sujet, rien4 n’a été omis : 3
cni la petite source quidevient un fleuve, ni la lumière qui brille,ni le soleil, ni l’abondance d'eaux. Estherest ce fleuve, elle qu ’épousa le roi et qu ’il fit reine.3
d Les deux dragons, c’est Amanet moi. 3
c Les peuples, ce sont ceux quise coalisèrent pour détruire le nom desJuifs.5
f Mon peuple, c'est Israël, ceux qui crièrent vers Dieu et furent sauvés. Oui,le Seigneur sauvé son peuple, le Sei¬gneur nous arrachés à tous ces maux.Dieu accompli des prodiges et des mer¬veilles comme il n’y en eut jamais parmiles nations.38 De fait, il établi deux des- 10tinées, l’une en faveur de son peuple,l’autre pour les nations. }hEt ces desti- "nées se sont accomplies à l’heure, autemps et au jour arrêtés selon son desseinet chez tous les peuples. h Dieu, alors, ;s’est souvenu de son peuple, il fait jus¬tice à son héritage d,3k pour qui ces jours, “les quatorzième et quinzième du moisd’Adar, seront désormais des joursd’assemblée, de Uesse et de joie devantDieu, pour toutes les générations et àperpétuité, dans Israël, son peuple. »Note sur la traduction grecque du livree.31 La quatrième année du règne de Pto-lémée et de Cléopâtre, Dosithée, qui sedisait prêtre et lévite, ainsi que son filsPtolémée, apportèrent la présente lettreconcernant les Purim. Us la donnaientcomme authentique et traduite par Lysi-maque, fils de Ptolémée, de la commu¬nauté de Jérusalem.a) Ces dernières ordonnances, inattendues, se réfèrentsans doute à 4 16 : le jeûne mérité la délivrance.- Depuis 9 20, le texte paraît fort composite et porte latrace de documents d’origines diverses.b) Le grec attribue au roi cette mise par écrit.c) Ce dernier v. de l’hébr. et la finale du texte grectendent à faire du livre plus encore « le livre de Mardo¬chée» que «le livre d’Esther», cf. 94. C’est lui. qui,cclairc par Dieu, tout conduit. Il est «le Juif » parexcellence, comme Judith sera «la Juive». Le jourcommémoratif sera d’abord appelé « le jour de Mardo¬chée », 2
M 15 36.d) La recension lucianique donne ici le texte d’unebrève action de grâces : « Et tout le peuple cria et poussade grandes clameurs : Béni sois-tu. Seigneur, toi qui tesouviens des alliances conclues avec nos ancêtres !Amen. »e) Cet appendice au texte grec nous apprend que lacommunauté juive égyptienne tenait le livre d’Esther dela communauté de Palestine, cf. 2
M2 14-16. Mais iln’est pas fait mention des autorités de Jérusalem, et l’onsent une certaine réticence devant ce Dosithée « qui sedisan prêtre et lévire ». Le Ptolémée dont il est questiondoit être Ptolémée VIII, dont la femme s’appelait Cléopâtre, ce qui indique la date de av. J.-C.715LES LIVRES DES MACCABÉESLES LIVRES DES MACCABÉESIntroductionLes deux Livres des Maccabées ne fai¬saient pas partie du canon scripturairedes Juifs mais ont été reconnus parl'Église chrétienne comme inspirés (li¬vres deutérocanoniques). Us se rappor¬tent à f histoire des luttes menées contreles souverains séleucides pour obtenir laliberté religieuse et politique du peuplejuif Leur titre vient du surnom de Mac-cubée donné au principal héros de cettehistoire, 1 M 2 4, et étendu ensuite à sesfrères.Le Premier livre des Maccabées campedans son introduction, 1-2, les adversai¬res en présence : l'hellénisme conqué¬rant, qui trouve des complices en certainsJuifs, et la réaction de la consciencenationale, attachée à la Loi et au Temple ;d'un côté, Antiochus Êpiphane qui pro¬fane le Temple et déchaîne la persécu¬tion, de l'autre, Mattathias qui lancel'appel à la guerre sainte. Le corps dulivre se divise en trois parties, consacréesaux actions des trois fils de Mattathiasqui prennent successivement la tête dela résistance. Judas Maccabée (166-160av. J.-C.), 3 1 - 9 22, remporte une sériede victoires sur les généraux d'Antio¬chus, purifie le Temple et obtient pourles Juifs la liberté de vivre selon leurscoutumes. Sous Démétrius Tr, il est gênépar les intrigues du grand prêtre Alkime.mais ses succès militaires continuent etNikanor, qui voulait détruire le Temple,est défait et tué. Pour assurer ses posi¬tions, Judas recherche l'alliance desRomains. Il meurt sur le champ debataille. Son frère Jonathan lui succède(160-142), 9 23 - 12 33. Les manœuvrespolitiques l'emportent alors sur les opé¬rations militaires. Jonathan dre habile¬ment profit des compétitions dont letrône de Syrie est l'objet : il est nommégrand prêtre par Alexandre Bal as,reconnu par Démétrius TI, confirmé parAndochus VI. Il cherche à faire allianceavec les Romains et les Spartiates. Le ter¬ritoire soumis à son contrôle s'étend etla paix intérieure semble assurée, quandJonathan tombe entre les mains de Try-phon, qui le fait périr ainsi que le jeuneAntiochus VI. Le frère de Jonathan,Simon (142-134), 13 1 - 16 24, soutientDémétrius II, qui reprend le pouvoir, etil est reconnu par lui puis par Antio¬chus Vil comme grand prêtre, stratègeet ethnarque des Juifs. L'autonomie poli¬tique est ainsi obtenue. Ces titres lui sontconfirmés par un décret du peuple.L'alliance avec les Romains est renouve¬lée. C’est une époque de paix et de pros¬périté. Mais Antiochus Vil se retournecontre les Juifs et Simon, avec deux deses fils, est assassiné par son gendre, quicroyait être agréable au souverain.Le récit couvre ainsi quarante ans, del’avènement d'Andochus Êpiphane, en173, à la mort de Simon et à l'avènementde Jean Hyrcan, en av. J.-C. Il étéécrit en hébreu, mais n 'est conservé quepar une traduction grecque. Son auteurest un Juif palestinien, qui composé sonouvrage après 134, mais avant la prise deJérusalem par Pompée en 63 av.J.-C. Lesdernières lignes du livre, 16 23-24, indi¬quent qu'il été écrit au plus tôt vers lafin du règne de Jean Hyrcan, plus vrai-719r.ow'Hit l«n t<MBm 4m C niINTRODUCTION AUX LIVRES DES MACCABËESsemblablement peu après sa mort, vers100 av.J.-C. C'est un document précieuxpour l'histoire de ce temps, à conditionque l'on tienne compte du genre litté¬raire, imité des anciennes chroniquesd'Israël, et des intentions de l'auteur.Car, bien qu'il s’étende longuementsur les événements de guerre et sur lesintrigues politiques, il entend raconterune histoire religieuse. U considère lesmalheurs de son peuple comme unepunition du péché et il rapporte à l'assis¬tance de Dieu les succès de ses cham¬pions. Il est un Juif zélé pour sa foi et ila compris que celle-ci était l'enjeu ducombat entre l'influence païenne et lescoutumes des pères. Il est donc un adver¬saire déterminé de l'hellénisation et il estrempli d'admiration pour les héros quiont lutté pour la Loi et pour le Templeet qui ont conquis au peuple sa libertéreligieuse puis son indépendance natio¬nale. Il est le chroniqueur d'une lutte oùfut sauvé Je Judaïsme, porteur de la Révé¬lation.Le Deuxième livre des Maccabéesn est pas la continuation du premier. Illui est parallèle en partie, prenant les évé¬nements un peu plus tôt, à la fin du règnede Séleucus IV, prédécesseur d'Antio-chus Epiphane, mais ne les suivant quejusqu'à la défaite de Nikanor, avant lamort de Judas Maccabée. Cela ne repré¬sente qu'une quinzaine d'années et lecontenu des seuls chap. 1-7 du Premierlivre.Le genre est très différent. Le livre,écrit originalement en grec, se donnecomme l'abrégé de l'œuvre d'un certainJason de Cyrène, 2 19-32, en tête duquelsont mises deux lettres des Juifs de Jéru¬salem, 1 1 - 2 18. Le style, qui est celuides écrivains hellénistiques mais non desmeilleurs, est parfois ampoulé. Cestcelui d'un prédicateur plutôt que d'unhistorien, bien que la connaissance desinstitutions grecques et des personnagesde l'époque dont fait preuve notre auteursoit très supérieure à celle dont témoignel'auteur de 1