Jc Or, mon conseil entendu sur les 1
moyens de parvenir à cette fm, l’un demes conseillers, de qui la sagesse parminous éminente, l’indéfectible dévoue¬ment, l'inébranlable fidélité ont fait leurspreuves, et dont les prérogatives vien¬nent immédiatement après les nôtres,Aman,1)d nous dénoncé, mêlé à toutes 4705|l U|»V'H|t4 I llll ( Ml3 14 ESTHERJ8+ les tribus du monde, un peuple malintentionné, en opposition par ses loisavec toutes les nations, et faisantconstamment fi des ordonnances royales,au point d'être un obstacle au gouverne¬ment que nous assurons à la satisfactiongénérale.lîe Considérant donc que ledit peuple,unique en son genre, se trouve sur tousles points en conflit avec l'humanitéentière, qu 'il en diffère par un régime delois étranges, qu 'il est hostile à nos inté¬rêts, qu il commet les pires méfaitsjusqu'à menacer la stabilité de notreroyaume. 1}fPour ces motifs, nous ordonnonsque routes les personnes à vous signaléesdans les lettres d'Aman, commis au soinde nos intérêts et pour nous un secondGn«58 père, soient radicalement exterminées,femmes et enfants inclus, par l'épée deleurs ennemis, sans pitié ni ménagement812 aucun, Je quatorzième jour du douzièmemois, soit Adar, de la présente année, 13
fi afin que, ces opposants d'aujourd'huicomme d'hier étant précipités de forcedans l'Hadès en un jour, stabilité et tran¬quillité plénières soient désormais assu¬rées à l'Etat. »14
La copie de cet édit, destiné à êtrepromulgué comme loi dans chaque pro¬vince, fut publiée parmi toutes les popu¬lations afin que chacun se tînt prêt aujour dit.15
Sur l’ordre du roi, les courrierspartirent dans les plus brefs délais. L’éditfut promulgué d’abord à la citadelle deSuse.Et tandis que le roi et Aman se prodi¬guaient en festins et beuveries, dans laville de Suse régnait la consternationa.Mardochée et Esthervont conjurer le péril.41 Sitôt instruit de ce qui venait d’arri¬ver, Mardochée déchira ses vête¬ments et prit le sac et la cendre. Puis ilparcourut toute la ville en l’emplissant deses cris de douleur, 2
et il alla jusqu’enface de la Porte Royale que nul ne pou¬vait franchir revêtu d’un sac. 3
Dans lesprovinces, partout où parvinrent l’ordreet le décret royal, ce ne fut plus, parmiles Juifs, que deuil, jeûne, larmes etlamentations. Le sac et la cendre devin¬rent la couche de beaucoupb.4
Les servantes et eunuques d’Esthervinrent l’avertir. La reine fut saisied’angoisse. Elle fit envoyer des vêtementsà Mardochée pour qu’il les mît et aban¬donnât son sacc. Mais il les refusa.5
Man¬dant alors Hataq, l’un des eunuques mispar le roi à son service, Esther le dépêchaà Mardochée avec mission de s’enquérirde ce qui se passait et de lui demanderles motifs de sa conduite.b Hataq sortit et s’en vint vers Mardo¬chée, sur la place, devant la Porte Royale.7
Mardochée le mit au courant des évé¬nements et, notamment, de la sommequ’Aman avait offert de verser au Trésordu roi pour l’extermination des Juifs.8
IIlui remit aussi une copie de l’édit d’exter¬mination publié à Suse : il devait la mon¬trer à Esther pour quelle soit renseignée.Et il enjoignait à la reine d’aller chez leroi implorer sa clémence et plaider lacause du peuple auquel elle appartenait.8
a « Souviens-toi, lui fit-il dire, des jours ude ton abaissement où je te nourrissaisde ma main. Car Aman, le second per¬sonnage du royaume, demandé au roinotre mort.8
b Prie le Seigneur, parle pournous au roi, arrache-nous à la mortd ! »9
Hataq revint et rapporta ce messageà Estherc.10
Celle-ci répondit, avec ordrede répéter ses paroles à Mardochée :11 « Serviteurs du roi et habitants des pro¬vinces, tous savent que pour quiconque,homme ou femme, pénètre sans convo¬cation chez le roi jusque dans le vestibulen) Ici la Vct. Lat. introduit une prière des Juifs, oùs’expriment des sentiments de pénitence pour les péchésdu peuple et des appels à la fidélité de Dieu.b) Marques de deuil et de pénitence, cf. Is 37 1 ;Jdt 4 10 ; 1 M 3 47, etc. ...c) Afin qu’il puisse entrer au palais et venir lui parler.d) La Vet. Lat. ajoute ici au grec : « Lève-toi, pourquoirestes-tu assise en silence t Car tu es livrée, toi et tamaison et celle de ton père et tout ton peuple et touteta postérité. Lève-toi ! Voyons s’il est possible de lutteret de souffrir pour notre peuple, pour que Dieu luidevienne propice. »e) La Vet. Lat. peint en ces termes la douleur d’Esther :« Comme Esther lisait le message de son frère, elledéchira son vêtement et s’exclama d’une voix doulou¬reuse. Elle versa de grands pleurs et son corps devinteffrayant, sa chair s’affaissa. »706(.ppt'toN If» I iMiomGn45713‘Ex 19 52 Ch 206-7Jdt h 14U4110-162 R1915b 40 21-26nuAl (HtESTHER 4 17intérieur, il n’y qu’une loi : il doit mou¬rir, à moins qu’en lui tendant son sceptred’or le roi ne lui fasse grâce de la vie. Etil y trente jours que je n’ai pas été invi¬tée à approcher le roi ! »12
Ces paroles d’Esther furent transmi¬ses à Mardochée, 13
qui répondit à sontour : « Ne va pas t’imaginer que, parceque tu es dans le palais, seule d’entre lesJuifs tu pourras être sauvée. 14
Ce seratout le contraire. Si tu t’obstines à te tairequand les choses en sont là, salut et déli¬vrance viendront aux Juifs d’un autrelieu ", et toi et la maison de ton père vouspérirez. Qui sait ? Peut être est-ce enprévision d’une circonstance commecelle-ci que tu as accédé à la royauté ? »15
Esther lui fit dire :16 « Va rassemblertous les Juifs de Suse. Jeûnez à monintention. Ne mangez ni ne buvez detrois jours et de trois nuits. De mon côté,avec mes servantes, j’observerai le mêmejeûne. Ainsi préparée, j’entrerai chez leroi malgré la loi et, s’il faut périr, je péri¬rai. » 17
Mardochée se retira et exécutales instructions d’Esther.Prière de Mardochée h.17
fl Priant alors le Seigneur au souvenirde toutes ses grandes œuvres il s'exprimaen ces termes :17
b «Seigneur, Seigneur, Roi tout-puis¬sant,tout est soumis à ton pouvoiret il n y personne qui puisse te tenirtêtedans ta volonté de sauver Israël.17
c Oui, c’est toi qui as fait le ciel et laterreet toutes les men'eilles qui sont sousle firmament.Tu es le Maître de l’universet U n y personne qui puisse te résis¬ter, Seigneur.17
d Toi, tu connais tout !Tu le sais, toi, Seigneur,ni suffisance, ni orgueil, ni gloriolene m’ont fait faire ce que j’ai fait :refuser de me prosternerdevant l’orgueilleux Aman.Volontiers je lui baiserais la plante despiedspour le salut dTsraël.17
r Mais ce que j’ai fait, c’étaitpour ne pas mettre la gloire d’unhommeplus haut que la gloire de Dieu ;et je ne me prosternerai devant per¬sonnesi ce n est devant toi, Seigneur,et ce que je ferai là ne sera pas orgueil.,7f Et maintenant, Seigneur Dieu,Roi, Dieu d’Abraham,épargne ton peuple !car on machine notre ruine,on projette de détruire ton antiquehéritage.ng /Ve délaisse pas cette part qui est tapart,que tu t’es rachetée de la terred’Êgypte !l7h Exauce ma prière,sois propice à ta part d’héritageet tourne notre deuil en joie,afin que nous vivions pour chanterton nom, Seigneur.Et ne laisse pas disparaîtrela bouche de ceux qui te louent. »17i Et tout Israël criait de toutes ses for¬ces, car la mort était devant ses yeux.Prière d’Esther.,7k La reine Esther cherchait aussirefuge près du Seigneur dans le péril demort qui avait fondu sur elle. Elle avaitquitté ses vêtements somptueux pourprendre des habits de détresse et dedeuil. Au lieu de fastueux parfums, elleavait couvert sa tête de cendres etd’ordures. Elle humiliait durement soncorps, et les tresses de sa cheveluredéfaite remplissaient tous les lieuxtémoins ordinaires de ses joyeuses paru¬res. Et elle suppliait le Seigneur Dieud’Israël en ces termes :a) L’auteur du texte hébreu évite d’écrire le nom de des sentiments de l’orant, préoccupé de sa propre jus-Dieu. tification. que l’on ne retrouve pas dans les textes plus/>) Les prières de Mardochée et d’Esther sont toutes anciens,pétries de la piété de l’AT, avec, toutefois, une analyse32»UnEx36Ps4710Dt ;3291R851Jr1016Ps 3312J142Ps66;11517sIs 3818-20ii14'2i707ES TH EKCopyngM Les E «thons du411,16Dt 6 20-25Dt76+«Jg26+ét«417+HUDtlO 17Ps95 3 ; 1>62Dn247:1136Cari4 «Ô mon Seigneur, notre Roi, tu esVU nique !Viens à won secours, car je suis seuleet n'ai d'autre recours que toi,et je vais jouer ma vie.17
ra J'ai appris, dès le berceau,au sein de ma famille,que c’est toi, Seigneur, qui as choisiIsraël entre tous les peupleset nos pères parmi tous leurs ancêtres,pour être ton héritage à jamais ;et tu les as traités comme tu l'avais dit.17
n Et puis nous avons péché contre toi,et tu nous as livrés aux mains de nosennemispour les honneurs rendus à leurs dieux.Tu es juste, Seigneur !170 Mais ils ne se sont pas contentésde l'amertume de notre servitude :ils ont mis leurs mains dans celles deleurs idoles ben vue d’abolir l'arrêt sorti de tes lèvres,de faire disparaître ton héritage,de clore les bouches qui te louent,d'éteindre ton autel et la gloire de tamaison ;17
p et d'ouvrir à la place la bouche desnationspour la louange des idoles de néant,et pour s’extasier jamais devant unroi de chair.17
t N'abandonne pas ton sceptre.Seigneur,à ceux qui ne sont pas.Point de sarcasmes sur notre ruine !Retourne ces projets contre leursauteurs,et du premier de nos assaillants,fais un exemple !I7r Souviens-toi, Seigneur, manifeste-toiau jour de notre tribulation !Et moi, donne-moi du courage,Roi des dieux et dominateur de touteautorité.17
s Mets sur mes lèvres un langagecharmeurlorsque je serai en face du lion,et tourne son cœur à la haine de notreennemi,pour que celui-ci y trouve sa perteavec tous ses pareils.,7t Et nous, sauve-nous par ta mainet viens à mon secours, car je suisseuleet n ai rien à part toi. Seigneur !17
u De toute chose tu as connaissanceet tu sais que je hais la gloire desimpies,que j'abhorre la couche des incir¬conciset celle de tout étranger.17
u Tu sais la nécessité qui me tient,que j’ai horreur de l’insigne de magrandeur,qui ceint mon front dans mes jours dereprésentation,la même horreur que d’un lingesouillé,et ne le porte pas dans mes jours detranquillité.I7x Ta servante n pas mangé à la tabled'Aman,ni prisé les festins royaux,ni bu le vin des libations.17
v Ta sentante ne s est pas réjouiedepuis le jour de son changementjusqu’à présent,si ce n'est en toi, Seigneur, Dieud'Abraham.172 ô Dieu, dont la force l'emporte surtous,écoute la voix des désespérés,tire-nous de la main des méchantset libère-moi de ma peur ! »Esther se présente au palais.1